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Jacques Boé ou Jasmin en occitan. 2014 sera l’occasion de fêter à Agen le 150ème anniversaire de sa disparition.


Jean-Frédéric Brun nous parle de Jasmin, l'éveilleur

Publié par occitan sur 18 Mars 2014, 18:51pm

Catégories : #Jasmin, #Ils en parlent

C'est l'année Jasmin à Agen. Dans le cadre de cette commémoration nous vous proposons à la suite de l'article de David Escarpit cette étude de Jean-Frédéric Brun. Vous trouverez le texte intégral en pièce jointe au format pdf.

"...Il faudrait citer bien des noms d’auteurs aux motivations diverses, qui illustrèrent au cours du premier tiers du XIXe siècle la langue d’Oc dont il se disait désormais qu’elle avait eu, jadis, son heure de gloire. Cependant, écrite à la française de façon anarchique, cette langue semblait vraiment éclatée en de multiples variétés locales assez dissemblables. Ce qui s’accordait avec son mode de fonctionnement particulier depuis le XVIe siècle, celui de l’oralité pure, de petits groupes qui, de proche en proche, cultivaient leurs différences comme un signe d’identité. On confondait la langue elle-même et sa manifestation socialisée de l’époque éclatée en de multiples communautés closes : la langue de l’intimité. On en oubliait ce que chaque occitan, lorsqu’il voyageait, réalisait vite : l’intercompréhension, des Alpes aux Pyrénées, au-delà de ces différences de façades, était parfaite. La langue était une dans sa diversité morphologique et phonétique.

Les auteurs de l’époque, pratiquement tous, consacrent quelques couplets larmoyants à dire que le langage qu’ils écrivent est un bruit familier qui se meurt irrémédiablement. Mais cette langue avait, en définitive, une telle puissance, elle jaillissait de telles profondeurs, que son déferlement sur l’écriture ne faisait que croître. Face au magnifique outil policé qu’était la langue Française, c’était la liberté du sentiment et de la pensée qui ressurgissait, comme un rejeton sauvage dans un jardin.

Il ne manquait que l’étincelle, l’éclair, qui allait réveiller le verbe. Il fallait retrouver le ton juste de la parole, celui d’une véritable langue de haute culture que l’occitan avait été à ses débuts.

Cette étincelle, nous le savons maintenant, allait venir de Provence, avec le génie de Frédéric Mistral.

Mais auparavant il y avait eu un météore inattendu qui avait porté très haut le prestige de cette culture jusqu’à présent confinée dans de petits cercles locaux, c'est-à-dire dans le silence. Cet homme était Jacques Boé, dit Jasmin. Né le 6 mars 1798 à Agen, mort le 4 octobre 1864 dans la même ville."

Jean-Frédéric Brun nous parle de Jasmin, l'éveilleur
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