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Jacques Boé ou Jasmin en occitan. 2014 sera l’occasion de fêter à Agen le 150ème anniversaire de sa disparition.


Bilan des festivités pour Jasmin à Agen

Publié par occitan sur 23 Juin 2014, 15:30pm

Bilan des festivités pour Jasmin du 4 au 15 juin 2014 inclus à Agen.

Les conférences du 4 juin à la Société académique faites par Rémy Constans sur Jasmin et la Garonne et par Jacques Clouché (qui remplaçait Christian Rapin empêché) sur Jasmin et la Société académique ont fait recette. La salle était bien trop petite pour accueillir tout le monde. La qualité des interventions a été excellente.

La conférence de Jacques Clouché du vendredi 13 juin à la salle Picasso a connu elle aussi l’affluence mais dans des conditions d’écoute pénibles vu la chaleur étouffante. Le Centre culturel nous avait initialement proposé l’ex salle des « Montreurs d’image » rue Ledru Rollin mais au tarif rédhibitoire pour nous de 200 euros !

A noter la présence à tous les évènements du vendredi 13 juin d’une douzaine de descendants de Jasmin dont l’agenaise, Dominique Lauzeral, autrefois journaliste au Petit Bleu.

A l’issue de la conférence chaleureusement applaudie, le dernier livre de Jacques Clouché « dictionnaire intime de Jasmin » dédicacé par l’auteur, s’est bien vendu ainsi que qu’une nouvelle édition des « Papillotos ».

Nous nous sommes rendus ensuite au « Jasmin sushi box », ex salon de coiffure de Jasmin, pour la cérémonie officielle d’inauguration de la plaque rénovée de la Société académique, cérémonie présidée par Laurence Maïoroff, empreinte de dignité mais aussi de bonne humeur. Ce fut un grand moment grâce à la sono et malgré le bruit de la circulation. La présence du maire d’Agen lui aurait sans doute donné une dimension symbolique supplémentaire.

Le clou de ces festivités était incontestablement le spectacle « le mystère Jasmin » du même soir au théâtre Ducourneau sur lequel nous avions axé l’essentiel de nos efforts de communication. Nous avons distribué des milliers de flyers partout dans Agen et pas seulement sur les marchés fermiers. Nous avons mené la bataille de la communication à l’Office du tourisme dont la vitrine était monopolisée par une évocation de Jasmin et de son temps, auprès de tous les médias (presse écrite payante et gratuite, radios locales, télévisions, par une conférence de presse des acteurs du projet à la mairie). Malheureusement, nous nous sommes heurtés à des obstacles et des résistances. Comme toujours, quelle que soit la date choisie, nous nous trouverons en concurrence avec d’autres évènements programmés le vendredi 13 juin. Cela a été le cas. Par ailleurs, beaucoup d’Agenais qui seraient venus au théâtre étaient absents d’Agen ce weekend-là. D’autre part, certains, bousculés dans leurs habitudes, ont rechigné à prendre leurs billets à l’Office du tourisme plutôt qu’au guichet du théâtre comme d’habitude mais la ville d’Agen ne nous a pas offert cette possibilité, ce qui aurait bien simplifié les choses. Enfin et surtout, beaucoup d’Agenais n’ont pas compris la nature du spectacle créé et offert par le groupe OC et ont cru qu’il s’agissait d’une soirée occitane traditionnelle moins susceptible de les accrocher. Il y a aussi une question qu’il ne faut pas éluder : combien d’Agenais aujourd’hui savent qui est Jasmin et s’intéressent à sa vie et à son œuvre ? Dans quelles écoles primaires d’Agen parle-t-on aux enfants de notre poète et leur apprend-t-on des vers de lui, même en français ?

Probablement aucune à l’exception de l’école Elisée Reclus où il y a des classes bilingues, les élèves de la calandreta « Jansemineta » étant encore trop petits pour être initiés à Jasmin. Le résultat de tout cela est que nous n’avons pas réussi notre pari de remplir le théâtre Ducourneau. Et pourtant ce show enraciné mais néanmoins très moderne et spectaculaire dans sa mise en scène méritait le détour. Le public dans l’expectative au début est devenu progressivement de plus en plus chaud jusqu’à l’apothéose de la « Coupo santo ». Comme disait un ami : les absents ont toujours tort.

A signaler la présence dans la salle du maire d’Agen, de sa déléguée à la culture, de son premier adjoint, du représentant du Conseil régional d’Aquitaine et de la députée d’Agen-Nérac.

Le samedi 14, nous avions décidé d’un commun accord avec la ville et Jean-François Gardeil, de reporter le spectacle « un parfum retrouvé » de « Chants de Garonne » au samedi 4 octobre, jour réel du 150ème anniversaire de la mort de Jasmin. Pourquoi ? Le télescopage de deux spectacles sur Jasmin sur deux jours n’était pas une très bonne idée et Jean-François Gardeil risquait de se retrouver dans une salle des illustres quasiment vide. Nous n’avons pas voulu courir ce risque. Le problème est que ce report n’a pas été bien intégré par les jeunes employés de l’Office du Tourisme qui ont cru, à tort, que toutes les activités du samedi après-midi dont la « Janseminada » étaient annulées et pas seulement le spectacle de Gardeil et ils l’ont dit aux personnes qui téléphonaient pour se renseigner. De ce fait, nous n’étions pas très nombreux pour cette « Janseminada » d’un nouveau genre puisque nous avions la chance de bénéficier de l’animation musicale du groupe aquitain, Gric de Prat sous la forme d’une ripataulèra. Ce nouveau cru de la « Janseminada » a enchanté les participants et la ripataulèra a suscité la curiosité de la population.

Nous avions voulu honorer le « troubadour de la charité » d’une messe en occitan à la cathédrale d’Agen. Nous sommes fiers d’avoir plus que doublé l’assistance dominicale habituelle pour une messe qui fut véritablement somptueuse grâce au charisme de l’abbé Passerat, à la participation du ténor Christian Moulié, de son pianiste et de l’organiste de la cathédrale sans oublier la chorale Gadaloc. Une bien belle cérémonie à laquelle aurait dû participer le maire d’Agen là encore.

Enfin, comme toute festivité chez nous s’achève par un banquet, nous nous sommes retrouvés à plus de 30 (nous espérions être plus mais nous étions en concurrence avec la fête des pères et pour les personnalités de la ville avec le repas du Jasmin d’argent offert par le Conseil Général) autour d’un menu gascon arrosé par la cuvée Jasmin des vins du Bruilhois et animé par les chants et la musique occitane de Pierre Boissière. Un temps de convivialité comme il convenait pour clôturer provisoirement ces festivités Jasmin car il y aura une suite. Outre le spectacle du 4 octobre de Chants de Garonne, nous voulons que la ville organise au minimum une cérémonie officielle au cimetière de Gaillard devant la tombe de Jasmin. Nous savons aussi que les gens de Vergt en Dordogne qui doivent la rénovation du clocher de leur église à Jasmin, veulent, eux aussi, l’honorer le weekend suivant.

Le rôle des médias dans la couverture des festivités

Le Petit Bleu qui était notre partenaire a couvert correctement les évènements. Dommage qu’il n’ait pas cru bon, malgré nos sollicitations, d’interviewer M. Quesseveur qui avait beaucoup à dire sur Jasmin. La Dépêche a suivi.

Sud-Ouest a fait paraitre quelques articles de bonne qualité mais aurait pu mieux faire. Bonne couverture également de Quidam/hebdo gratuit du vendredi, du Courrier français, de 7 hebdo et des radios : BulleFM et 47FM. Pour ce qui est de France 3, France 3 Aquitaine, malgré notre insistance, n’a pas du tout couvert les festivités, pas même dans son magazine occitan, ce qui est un comble ! La revue du Conseil Général, 47Magazine, n’a consacré que deux ou trois lignes à l’annonce des festivités Jasmin.

Nous avons eu le plaisir d’accueillir à Agen le mercredi 11 juin une fort sympathique équipe du magazine occitan de France 3 Midi Pyrénées, Viure al País. Il en a résulté un bon reportage passé sur la chaine le samedi suivant à 19 h 30. C’est le paradoxe : les toulousains sont venus à Agen mais les bordelais nous ont dédaigné, pourtant ce n’est pas faute d’avoir téléphoné ou d’avoir envoyé des courriels.

Bilan financier

Etant donné notre incapacité à remplir le théâtre pour « le mystère Jasmin » qui constituait le gros morceau de notre budget, il n’est pas étonnant que le bilan financier, malgré les subventions reçues du ministère de la culture via la DGLF, du Conseil régional d’Aquitaine, du Conseil Général de Lot-et-Garonne et de la ville d’Agen, présente un déficit que nous devrons combler de notre poche et laisse exsangue la trésorerie de notre association. Le Conseil Général nous donnera, sur présentation du bilan financier seulement, moins que ce que nous avions demandé. La liste des sponsors n’est pas très fournie. Le comble étant que notre association, qui a un compte bancaire à la Banque Populaire Occitane, s’est vue proposer par celle-ci l’achat de 10 places pour le spectacle du vendredi 13 au théâtre. Nous avons décliné cette offre dérisoire que nous considérions comme une aumône. La Banque Populaire n’a visiblement d’occitane que le nom.

Les entreprises agenaises qui ont toutes été sollicitées n’ont pas versé un centime pour ces festivités.

Certes, la ville d’Agen nous a versé la subvention demandée, a mis à notre disposition le théâtre d’Agen et a fait un tirage d’affiches « le mystère Jasmin » pour mettre en ville dans les « sucettes » et ces affiches attiraient l’œil. Mais elle a refusé de prendre en charge toute dépense supplémentaire. Néanmoins, ces dépenses étaient une goutte d’eau dans la mer par rapport au budget du Pruneau Show, pour ne donner qu’un exemple.

Le maire d’Agen a été invité à activer ses réseaux et à s’investir personnellement dans les festivités Jasmin mais nous l’avons peu vu et entendu sauf en coup de vent au théâtre d’Agen. Soulignons tout de même l’engagement dans les festivités de la nouvelle déléguée à la culture, Laurence Maïoroff.

Nous attendons qu’il démontre par des engagements précis et budgétisés qu’il prend au sérieux l’identité occitane d’Agen.

Pour conclure, un projet d’une telle envergure, n’aurait pas dû reposer sur les seules épaules des bénévoles d’Agenés Tèrra Occitana, de Jacques Clouché et de Christian Moulié. La ville d’Agen aurait dû être partie prenante dans son organisation et son financement.

C’est le souhait de Christian Salès et du groupe OC de rejouer « le mystère Jasmin » en plein air à Agen sur la place de la mairie. C’est une excellente idée. Ce spectacle ne peut pas rester sans lendemain mais il faut que la ville le prenne en charge complètement cette fois par exemple pour la fête de la musique ou le Pruneau Show 2015.

Il faut également que le spectacle soit gratuit. C’est la proposition que nous faisons à la ville d’Agen.

Jean-Pierre Hilaire, secrétaire d’Agenés Tèrra Occitana

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