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Jacques Boé ou Jasmin en occitan. 2014 sera l’occasion de fêter à Agen le 150ème anniversaire de sa disparition.


Agen, pose d'une plaque bilingue aux pieds de la statue du poète occitan Jacques Boé, dit Jasmin

Publié par occitan sur 5 Avril 2016, 20:44pm

Catégories : #Jasmin, #Inauguration

Discours prononcé par Jean Dionis du Séjour, Maire d'Agen, à l'occasion de la pose d'une plaque bilingue aux pieds de la statue du poète occitan Jacques Boé, dit Jasmin. Le mardi 12 mai 2015.

Monsieur le Maire de MAILLANE,
Monsieur le CAPOULIE du FELIBRIGE,
Je salue Jacques CLOUCHÉ ancien président de notre agglomération agenaise et spécialiste reconnu de Jasmin.
Permettez-moi enfin de saluer Jean-Pierre HILAIRE et à travers lui tous les membres d’AGENES TERRA OCCITANA,

Mesdames et Messieurs,

Un grand merci d’abord aux choristes de la chorale ANDANTE et à Christian MOULIE pour ce « se canto » d’accueil car cette chanson symbolise à merveille notre appartenance occitane.

Je garde en mémoire le jour où, alors que j’étais député, à l’initiative de mon collègue béarnais Jean LASSALLE où nous avions entonné le Se Canto sur les bancs de l’assemblée nationale.

Je vous laisse imaginer les regards médusés de nos collègues députés devant cette démonstration identitaire !

En ce jour où nous commémorons le 145ème anniversaire de l’inauguration de la statue de Jasmin, en y apposant une plaque bilingue en occitan et en français, je veux d’abord remercier Joël SUPPO, Maire de MAILLANE, et Jacques MOUTTET, Capoulier du Félibrige, qui honorent de leur présence ce nouvel hommage que la ville d’AGEN rend à JASMIN. Ce faisant, vous vous inscrivez dans le prolongement de la démarche qu’avait eue Frédéric MISTRAL, qui est à MAILLANE ce que JASMIN est à AGEN, qui était présent à l’inauguration de cette statue le 12 mai 1870.

L’ode qu’il récita en hommage à JASMIN, ce jour-là, fait désormais partie de l’histoire de notre ville.

Je suis extrêmement attaché à l’histoire locale d’Agen parce que j’ai la conviction que l’on ne peut pas comprendre une ville si on ne dispose pas d’une connaissance fine des principales étapes de sa construction. C’est avec cette conviction au cours des dernières années que  j’ai tenu à ce que soit poursuivi le livre sur l’histoire d’AGEN que j’ai lu  à plusieurs reprises et qui constitue un ouvrage de référence.  Je souhaite également qu’un film sur l’histoire de notre ville soit réalisé afin que les  jeunes générations notamment puissent y accéder plus aisément.

Lorsque l’on regarde dans le passé, lorsque l’on essaie de se le réapproprier, comme une évidence, on se retrouve confronté au passé occitan de notre ville pendant près de 10 siècles. L’occitan, langue du peuple agenais, a supplanté le latin, langue des élites,  puis a subi le même sort au début du 20ème siècle au profit du français.

Cette évolution au fil des siècles n’est pas neutre puisque la langue est au cœur de la question culturelle. L’occitan a été, pendant une longue période, la langue du Sud de la France, de Bordeaux jusqu’à Nice et de Bayonne jusqu’à Grenoble.

Aujourd’hui, sous l’impulsion d’associations dynamiques, de nombreuses villes cherchent à promouvoir l’occitan  car elles ont  pris conscience de l’importance de ce patrimoine culturel linguistique. 

Sur le fronton de la Mairie d’Agen, à côté des armoiries de la ville et  des drapeaux européens et français, nous affichons fièrement notre identité avec le drapeau occitan.

Le 15 décembre 2014, le Conseil Municipal de la Ville d’Agen a désigné Monsieur Jean-Pierre HILAIRE comme personne ressource pour assurer la promotion de la langue et de la culture occitane sur la Ville d’Agen.

Enfin, nous avons inauguré récemment une école Calandreta à Agen qui a démarré modestement mais dont les effectifs progressent régulièrement. J’ai encore en mémoire l’inauguration de notre calendreta d’Agen. J’avais été frappé par la vitalité et la bonne humeur qui régnaient parmi les personnes présentes. J’en suis reparti avec la conviction que la Ville d’Agen devait accompagner  l’apprentissage de l’occitan et promouvoir, à chaque fois qu’elle le peut, cette culture et cette identité.

Sans doute, faut-il y voir des signes tangibles que l’occitan ne doit pas être considéré comme une langue morte ou en passe de le devenir mais qu’au contraire, il a encore de belles pages à écrire.

Qui aurait pu imaginer que l’hébreu reprenne le statut de langue vivante après tant d’années d’oubli ?

Nous avons, en France, un problème structurel sur l’apprentissage des langues alors que je suis convaincu que notre cerveau est parfaitement construit pour assimiler et pratiquer plusieurs langues à la fois. Toutes les études sur le sujet sont unanimes. Nous avons tous connu des enfants confrontés régulièrement à la pratique de plusieurs langues qui les ont parfaitement assimilées.

Je suis donc un fervent défenseur de la diversité linguistique. Je ne crois pas à une uniformisation qui verrait l’anglais s’imposer comme une langue universelle et qui marginaliserait toutes les autres.

Oui bien sûr, il faut que nos jeunes parlent anglais mais sûrement pas au détriment du français ou d’autres langues étrangères ou  régionales. Notre cerveau est formaté  pour apprendre et les unes et les autres.

On ne peut pas, d’une part, constater la mobilité extrême de nos jeunes générations ou parler de  mondialisation à tout bout de champs et, d’autre part, continuer à être les cancres européens pour l’apprentissage des langues.

La diversité linguistique est une chance  et il faut veiller, au contraire, à la préserver et à l’encourager.

C’est la raison pour laquelle après nous être engagés dans une calendreta, pour permettre aux parents qui le souhaitent que leurs enfants apprennent l’occitan, nous avons la volonté, au cours de ce mandat, d’ouvrir en partenariat avec l’Education Nationale plusieurs classes bilingues français-anglais dans nos écoles.

Si l’on peut se réjouir que dans le cadre de la réforme des collèges l’apprentissage d’une seconde langue démarre dès la cinquième, comment ne pas regretter, sous prétexte d’élitisme, que cette même réforme prévoit la suppression des classes bilangues et des sections européennes ? Comment ne pas regretter, aussi, la marginalisation du latin et du grec ? 

Lorsque l’on regarde les statistiques désastreuses de la France en matière de langues étrangères, cette réforme a de quoi nous inquiéter.

D’autres pays, je pense à l’Allemagne ou aux Pays-Bas, devraient nous inspirer sur l’apprentissage des langues étrangères. L’exemple de l’Espagne et de la pratique des langues régionales démontre également qu’apprendre plusieurs langues est possible à condition que cet apprentissage se fasse dès le plus jeune âge.

Modestement ici à Agen, c’est ce que nous essayons de mettre en œuvre.

Alors oui nous sommes fiers de notre identité occitane ici à Agen ! Nous sommes fiers que cette statue de Jasmin, à mi-chemin entre le cœur historique de notre ville et Garonne,   accueille les visiteurs et leur rappelle  notre attachement à notre histoire occitane.

Merci à toutes celles et ceux qui ont eu cette idée puis qui ont participé à sa réalisation.

Vive l’Occitanie et vive Agen !

Je vous remercie.

AGEN : Joël Suppo (maire de Maillane), Jean Dionis (maire d'Agen), Jacques Mouttet (capoulié du Félibrige)

AGEN : Joël Suppo (maire de Maillane), Jean Dionis (maire d'Agen), Jacques Mouttet (capoulié du Félibrige)

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